La petite chatte lovée se réveilla en sursaut. Elle ouvrit les paupières et chercha la source de son réveil.
Elle se rendit compte que l'astre jaune tapait fort.
- Bonjour, Eldelweiss, s'anonça un chat noir et blanc.
- Tu va peut-être devoir me dire ''Bonne sieste''. Je vais aller me coucher ailleurs.
Elle bondit du panier et se dirigea vers une des chaises situées à l'ombre. Elle sauta et commença à tatonner le coussin avant de se rouler en boule.
- Tu ne veux pas de souris ? demanda le vieux mâle. J'en ai chasser pleins dans le grenier des hommes. Je t'en ai laisser deux grasses pour...
Le matou n'eut pas le temps de finir sa phrase que la jeune chatte se présenta devant et lui demanda :
- Où elles-sont ?
- Je l'ai enterrées dans le jardin des hommes.
Eldelweiss courra vers la chatière, et la traversa.
La neige avait presque fondue, ce qui faisait de grandes flaques partout.
- Beurk ! s'écria-t-elle lorsque le mâle sortit.
- Quoi ?
- Y'a plein d'eau partout, Athos. J'peux pas traverser !
Le concerné sourit, amusé. Il avait l'habitude du comportement d'Eldelweiss.
- Ça vaut le coup de traverser la cour pour aller au jardin. Et si tu hésites trop longtemps, ce seront les asticots et les vers qui se chargeront de mes proies.
Athos l'avait convincut. Elle sauta de la terrasse située en hauteur pour se diriger vers le petit monticule.
Eldelweiss n'aimait pas le contact de l'eau avec ses coussinets. Bizarrement, Athos n'était pas dans son cas. Pourtant, elle savait que tous les chats détestaient l'eau.
- Athos, demanda-t-elle, pourquoi tu marches aussi aisément dans l'eau ?
Le vieux mâtou la regarda sérieusement pendant quelques instants. Puis il lui dit :
- Mes origines.
Eldelweiss voulait en savoir plus, mais elle savait que le vieux mâle ne répondrait plus à aucune de ses questions. Déçue, elle commença à déterrer les proies. Puis elles les ouvra, et les mangea.
- Mm, fit-elle après avoir goulument avalé les deux souris. Que c'est bon !
Athos inclina tête en guise de remerciement.
- Ils sont rare, les chats domestiques qui mangent des souris.
- Ah bon ?
Elle ne savait pas trop des origines du matou. Elle savait juste qu'il était un chat errant dans sa jeunesse, venu demander refuge auprès des hommes. Il savait chasser, pour le plus grand bonheur de la chattonne.
- Pourras-tu m'apprendre à chasser ?
- Plus tard, lui promit-il.
- Même des oiseaux ?
- Si tu veux.
Il contempla l'astre jaune avant de déclarer :
- Le soleil est plus chaud que d'habitude. Que cela signifie ?
Eldelweiss le regarda bizarrement. Athos cherchait toujours des expliquations sur ce qui se passait.
- Ça signifie juste qu'aujourd'hui sera une belle journée.
Athos la foudraya du regard.
Lorsqu'ils finirent de manger (et de se taquiner), ils reprirent le chemin de la maison.
Une fois à l'intérieur, Eldelweiss se dirigea vers le bol d'eau. Elle but en grande quantité.
- Pourquoi ne pas boire dans les flaques de dehors ? C'est meilleur, et plus frais.
- Laisse tomber.
Athos la regarda, désespérée. S'il y avait bien une chose impossible à faire convaincre la chatte isabelle, c'était bien de boire dans les flaques d'eau.
Le temps passa. Pour s'occuper, Eldelweiss lustrait son poil multicolore avec soin.
Dehors, des flocons commençait à tomber.
- Tu parles d'une belle journée, lança Athos à l'intention de sa cadette.
Mais elle ne répondit pas. Vexée, elle se dirigea vers la chatière.
- Ne me dis pas que tu vas aller dehors avec ce temps pareil ?!
- Non.
- Alors que veux-tu faire ?
Eldelweiss hésita. Elle voulait contempler le spectacle d'un peut plus près.
Elle rebroussa chemin et se dirigea vers la cheminée, à côté du matou noir et blanc.
Ils s'endormirent tous les deux, blottis l'un contre l'autre.
Ça faisait trois lunes qu'Eldelweiss vivait dans la maison. Ses maîtres l'avaient enlevée de sa mère, qui vivait à quelques pas d'ici. Les hommes s'étaient bien occupées d'elle. Elle appréciait cette vie, douillette et confortable.
Le bruit des pas des hommes l'avait réveillé, ainsi qu'Athos. Elle releva la tête vers eux.
C'est le moment que choisis l'aînée des hommes pour l'amadouer avec une petite sardine.
- Où veulent-ils m'emmener ?
- Sûrement chez le vétérinaire pour un bilan de santé.
Elle le regarda, ahurie. Comment le vieux mâle pouvait-il savoir autant de choses ?
Elle se dirigea vers l'homme et mangea la sardine qu'il lui donna. Le fumet du poisson l'avait attirée.
Une fois la minuscule sardine avalée, l'homme la prit par le ventre, la mit dans la cage et ferma la grille solide.
Elle resta un moment seule. Athos lui souffla : "A tout à l'heure".
Puis l'homme revint, avec sa femme et sa fille. La petite pleurait."Que se passe-t-il ?" se posa la chatonne.
Puis l'homme pris la cage. Eldelweiss eut juste le temps de voir la fille lui adressa un signe, et Athos la regarder, triste.
L'homme se dirigea vers une chose immonde que la chatte connaissait. Il ouvrit une de ses nombreuses entrées, et y glissa la caisse dans le noir.
Quand la créature s'arrêta, Eldelweiss s'inquièta encore plus. Où allait-elle ?
La lumière ré-apparut quand l'homme souleva l'entrée du ventre du monstre. Il souleva la caisse, décrocha la grille et permit à Eldelweiss de descendre sur le sol.
L'endroit ne ressembler pas du tout à la maison du vétérinaire. Les odeurs l'inquiétaient .
Elle retourna vers l'homme, qui lui caressa la tête une dernière fois. Il lui enleva le collier qui lui serrait la tête.
Il murmura quelques mots qu'Eldelweiss ne comprit pas et retourna vers la créature. Il y pénétra, laissant Eldelweiss seule, sans son collier, sans nourriture, sans eau, sans rien.
Enfin elle comprit : ses maître l'avaient abandonnée...